Le Réseau Ouest africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo) a rendu public la semaine dernière à Lomé, son rapport annuel sur la situation sécuritaire en 2025.
Elaboré dans le cadre du projet de veille « NEWS », le rapport note une amélioration globale de la sécurité humaine, mais révèle une réalité préoccupante pour les femmes : une recrudescence marquée des violences sexistes et sexuelles sur le territoire.
Un bilan humain en nette amélioration
Selon le rapport présenté à la presse, le nombre de décès lié à l’insécurité est passé de 345 en 2024, à 157 en 2025. Les incidents liés au crime organisé et à l’extrémisme violent ont connu une nette régression, passant de 87 cas en 2024, à 45 cas en 2025, une évolution positive à l’actif de la gouvernance sécuritaire du gouvernement et de l’implication des acteurs de la société civile.
Le genre : Le volet noir du tableau sécuritaire
Le volet Genre ne jouit pas des mêmes succès : ce domaine affiche une progression inquiétante, passant de 16 cas en 2024 à 108 incidents en 2025. Le rapport répertorie des cas de viols (notamment sur mineures), des mariages forcés et précoces, ainsi que des violences physiques, économiques et psychologiques, allant parfois jusqu’à l’homicide.
« Notre rapport note une évolution inquiétante des données liées aux violences basées sur le genre, notamment les violences sexistes et sexuelles. Cela appelle à notre attention et nous demande de faire beaucoup plus d’avantage d’efforts sur ce domaine là », souligne Seyram Adiakpo (Coordinateur national WANEP).
Cette thématique « Femme, Paix et Sécurité », l’un des quatre piliers d’action du réseau, nécessite aujourd’hui une attention urgente. Le WANEP appelle à intensifier les efforts pour contrer ces violences qui fragilisent la dignité humaine et la cohésion sociale, malgré les avancées sur d’autres fronts sécuritaires.
Notons qu’en 2025, le réseau national a déployé une stratégie de proximité dans les 39 préfectures du pays, avec un accent sur la résilience économique des communautés pour réduire leur vulnérabilité, le dialogue interreligieux et la recherche pour prévenir l’extrémisme, l’alerte précoce, via l’envoi régulier de courriers d’alerte aux autorités pour anticiper les menaces.
En identifiant les zones à risques et en renforçant la capacité des populations à interagir avec les mécanismes de prévention, WANEP-Togo entend asseoir un climat de confiance durable. Mais le réseau est formel : la stabilité du Togo ne sera totale que lorsque la sécurité des femmes et des filles sera pleinement garantie. FIN
Ambroisine MEMEDE



