Rencontre de Lomé sur la crise à l’Est de la RDC : « Renforcer la cohérence des initiatives de médiation et mettre en branle la feuille de route globale »

Faure Gnassingbé, lors de son intervention..

« Il n’y aura pas de paix durable en République démocratique du Congo (RDC) sans davantage de cohérence stratégique », a affirmé ce samedi 17 janvier 2026 à Lomé, Faure Gnassingbé, président du Conseil et médiateur de l’Union africaine (UA) pour la résolution de la crise dans la région des Grands Lacs.

« Nous avons besoin de réaliser ici un saut qualitatif en matière de cohérence. Nous devons faire en sorte que chaque effort contribue à une dynamique commune et non à une dispersion des stratégies », a-t-il martelé lors d’une réunion de « haut-niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC et dans les Grands Lacs ».

Ont pris part à cette rencontre de deux jours, les cinq anciens chefs d’Etat africains, nommés facilitateurs dans le conflit dans l’Est de la RDC par les chefs d’État de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) : Uhuru Kenyatta (Kenya), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Mokgweetsi Masisi (Botswana), Sahle-Work Zewde (Ethiopie) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique). Les représentants de la RDC et du Rwanda étaient aussi présents.

Malgré les nombreuses tractations, la situation dans l’est de la RDC est toujours préoccupante. Après s’être emparé début 2025 de Goma et Bukavu, les deux grandes villes de l’Est congolais, le M23 a lancé en décembre une nouvelle offensive dans la province congolaise du Sud-Kivu et pris le contrôle le mercredi 10 décembre de la ville d’Uvira.

Cette attaque intervenait alors même que le Rwanda avait signé un accord de paix avec la RDC à Washington aux Etats-Unis. 

La rencontre de Lomé « a permis de renforcer la cohérence des initiatives de médiation, d’examiner la feuille de route globale du processus de paix, de mieux articuler les efforts des différents facilitateurs et d’échanger sur les développements récents dans l’Est de la RDC, dans un esprit de dialogue constructif et de responsabilité partagée », a précisé Faure Gnassingbé.

  – Construire la paix dans temps –

« Il ne suffit pas de proclamer la paix. Il faut la construire dans le temps. Et nous savons qu’elle s’affaiblit lorsque les initiatives se juxtaposent sans coordination. L’expérience récente nous l’a montré : la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert », a souligné le médiateur.

« Nous avons besoin de réaliser ici un saut qualitatif en matière de cohérence. Nous devons faire en sorte que chaque effort contribue à une dynamique commune et non à une dispersion des stratégies. La cohérence n’est pas un slogan diplomatique, c’est une condition opérationnelle de notre succès », a-t-il insisté.

La réunion de Lomé, a-t-il mentionné, vise à « restaurer cette cohérence : renforcer l’alignement, la complémentarité et la lisibilité de l’action africaine ».

« Cette cohérence doit être triple : D’abord, une cohérence politique entre les Etats concernés de la région, pour réduire les malentendus et reconstruire la confiance. Ensuite, une cohérence institutionnelle entre l’Union africaine, les Communautés économiques régionales et les facilitateurs, pour éviter les chevauchements et les contradictions. Enfin, une cohérence opérationnelle, entre les décisions prises au sommet et leur traduction concrète sur le terrain », a expliqué Faure Gnassingbé.

Notons qu’un communiqué final ayant sanctionné la rencontre, sera publié les heures à venir. FIN

Junior AUREL