« L’initiative africaine doit maintenant prendre le relais » pour trouver une solution durable à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a martelé ce vendredi à Lomé Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine (UA).
Une « réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs » s’est ouverte ce vendredi dans la capitale togolaise.
Prennent part à cette rencontre de deux jours, les cinq anciens chefs d’Etat africains, nommés facilitateurs dans le conflit dans l’Est de la RDC par les chefs d’État de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) : Uhuru Kenyatta (Kenya), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Mokgweetsi Masisi (Botswana), Sahle-Work Zewde (Ethiopie) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique).
Malgré les nombreuses tractations, la situation dans l’est de la RDC est toujours préoccupante. Après s’être emparé début 2025 de Goma et Bukavu, les deux grandes villes de l’Est congolais, le M23 a lancé en décembre une nouvelle offensive dans la province congolaise du Sud-Kivu et pris le contrôle le mercredi 10 décembre de la ville d’Uvira.
Cette attaque intervenait alors même que le Rwanda avait signé un accord de paix avec la RDC à Washington aux Etats-Unis.
« Les combats à l’Est de la RDC n’ont pas baissé d’intensité. Après Goma et Bukavu, c’est Uvira qui a connu les affres des tueries et des pillages. Des milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers de déplacés. Le problème reste donc entier. Nous estimons que l’initiative africaine doit maintenant prendre le relais et donner du sens et de la crédibilité à la notion de solution africaine aux problèmes africains », a précisé le président de la Commission de l’UA.
« Il nous appartient d’être pro-actifs, de bâtir un cadre consensuel de dialogue et d’actions concertés entre le Rwanda et la RDC, tout en associant les pays voisins dans la recherche de solution : l’Ouganda, le Burundi, l’Angola. Tous ces pays doivent être associés pour que cette crise qui a trop duré, trouve enfin, une solution durable », a souligné M.Youssouf.
Les ‘racines du problème’
« Il faudra s’attaquer sans détour aux racines du problème, préserver d’abord la souveraineté de la RDC, répondre aux préoccupations sécuritaires du Rwanda et de l’Ouganda, rassurer le Burundi qui supporte le lourd fardeau des réfugiés et des personnes déplacées. En définitive, la solution à la crise à l’Est de la RDC ne sera possible que lorsque ces questions obtiendront des réponses adéquates », a insisté le haut responsable de l’UA.
Selon lui, les pays concernés devront faire « preuve de courage (RDC, Rwanda), et de sacrifice aussi pour un compromis en faveur de la paix, un compromis sans compromission ».
Il a réaffirmé l’engagement de l’UA à « assumer sa part de responsabilité dans l’exercice des prérogatives qui lui ont été conférées par des organes décisionnels de notre Union ».
« Compte tenu d’un contexte international extrêmement tendu, il est évident que l’Afrique ne pourra compter désormais que sur ses seuls atouts. Il nous incombe donc de nous atteler à la tâche, de remettre le rôle de l’Union africaine au centre de notre action commune sur le continent », a ajouté M.Youssouf.
La rencontre de Lomé permettra de valider la feuille de route de la médiation pour les 12 prochains mois, a mentionné le ministre togolais des affaires étrangères.
Ce qui permettra de « coordonner davantage les actions, pour les rendre plus cohérentes », a précisé Robert Dussey (ministre togolais des affaires étrangères) à l’ouverture des travaux.
Ce qui permettra de « coordonner davantage les actions, pour les rendre plus cohérentes », a-t-il dit.
Rappelons que le président du Conseil Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour la résolution de la crise dans la région des Grands Lacs, a reçu lundi dernier à Lomé, le président de la RDC, Félix Tshisekedi. FIN
Junior AUREL



