« Disciple » de Donald Trump, « aligné sur tout le monde et sur personne », « irresponsable »… les critiques des adversaires politiques d’Emmanuel Macron continuaient de s’abattre sur le président français dimanche, après son absence de condamnation de la capture du vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
Si la plupart des dirigeants européens ont salué la fin du régime du président vénézuélien, homme autoritaire qualifié de « dictateur » par son opposition et de nombreux observateurs qui contestent la légitimité de son troisième mandat, le Britannique Keir Starmer et l’Allemand Friedrich Merz ont rappelé la nécessité du respect du droit international.
Mais pas Emmanuel Macron, qui a dit samedi « prendre acte » de la fin de la « dictature Maduro », dont le « peuple vénézuélien » ne peut que se « réjouir ».
Une réaction « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable », a taclé dimanche l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui reste dans les mémoires pour son engagement contre la guerre en Irak engagée par les Etats-Unis de George W. Bush en 2003.
Le candidat pressenti à la présidentielle de 2027 estime que le chef de l’Etat ménage Washington pour mieux s’attirer ses faveurs dans le dossier ukrainien.
Le président français aurait donc « préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint à un moment donné d’irriter Donald Trump, par rapport à la décision américaine d’intervenir à Caracas parce qu’il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important, qui est le combat de l’Ukraine », a-t-il accusé.
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui avait déjà utilisé un ton moins conciliant envers la Maison Blanche que l’Elysée la veille, a reconnu que « la méthode employée contrevenait aux principes du droit international ».
« L’usage de la force est permis dans le droit international (…), mais il doit être encadré par des règles », a-t-il déclaré sur la chaîne France 2.
Auprès de l’AFP, l’entourage d’Emmanuel Macron a indiqué pour sa part: « Notre position est cohérente et constante. Elle n’a comme seule boussole le respect de la souveraineté du peuple vénézuélien ».
– « Pas une variable d’ajustement » –
« La voix de la France s’exprime à la fois par le quai d’Orsay et Jean-Noël Barrot, qui exprime ses doutes sur l’action et son attachement au respect du droit international. Et elle est complétée par une parole du président de la République (…) qui se projette », a tenté de synthétiser sur France Inter le ministre de l’Economie, Roland Lescure.
Mais cela n’a pas suffi à calmer les oppositions, d’autant que sur ses réseaux sociaux la Maison Blanche a relayé, tel quel, le tweet du président français.
Ce dernier « a du mal à parler de la souveraineté des Etats » et « est aligné sur tout le monde et sur personne », a taclé sur CNews le vice-président du Rassemblement national (RN, extrême droite) Sébastien Chenu.
« Donald Trump relaie le tweet de son disciple… Macron aura définitivement humilié la France ! », a estimé pour sa part l’eurodéputée La France Insoumise (LFI, gauche radicale) Manon Aubry.
Des critiques – certes plus feutrées – ont été aussi émises au sein de la famille politique du président. Où l’on n’a pas oublié qu’il n’a cessé de marteler, depuis son arrivée au pouvoir, qu’il ne fallait pas donner l’impression, notamment au Sud global, d’un double standard en matières géopolitique et de droit international.
« Le droit international n’est pas une variable d’ajustement. C’est ce qui nous protège collectivement du chaos. La défense des libertés fondamentales et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut justifier le recours à la force », a ainsi martelé la députée et ancienne ministre macroniste Agnès Pannier-Runacher.
L’eurodéputée Horizons et ex-ministre Nathalie Loiseau a elle fait valoir qu' »imposer un ordre politique depuis l’extérieur c’est contraire au droit international et c’est voué à l’échec ».
« Dans les réactions officielles française il y a un peu d’amnésie et je le regrette », a-t-elle poursuivi sur RTL.
Source : Afp



