Incendies des marchés: « Le gouvernement n’a rien à avoir dans cette affaire judiciaire. Il s’agit des faits criminels qui font l’objet d’investigations et d’une procédure » (Yacoubou Hamadou)

L’affaire des incendies des marchés de Kara (nord) et de Lomé a connu ces derniers jours, une autre tournure suite à une lettre qu’aurait adressée Toussaint Tomety alias Mohamed Loum à Jean Pierre Fabre – le leader de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition) – et dans laquelle il affirme avoir été « manipulé » et « torturé ». Pour l’instant l’intéressé ne s’est pas encore prononcé sur cette lettre. Egalement inculpé dans cette affaire, Toussaint Tomety aurait cité certains responsables de l’opposition, aujourd’hui inculpés dans cette même affaire. Depuis la sortie de cette « lettre », le gouvernement est pointé du doigt par l’opposition dans ce dossier. Mercredi soir, M.Fabre a qualifié de « mascarade », une « enquête qui consiste à manipuler des jeunes, à des fins d’accusations calomnieuses, pour discréditer et déstabiliser les forces démocratiques ».

Il a demandé la « nullité de toutes les inculpations » et la « libération immédiate » de toutes les personnes arrêtées et détenues dans cette affaire d’incendies.

Le Collectif «Sauvons le Togo» (CST) et la Coalition «Arc-en-ciel» ont estimé que les « révélations faites par Toussaint Tomety alias Mohamed Loum, constituent un cinglant démenti des accusations portées contre les personnes inculpées ».

Selon Yacoucou Hamadou, le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, « le gouvernement n’a rien à avoir dans cette affaire judiciaire. Il s’agit des faits criminels qui font l’objet d’investigations et d’une procédure. L’instruction est couverte par le secret. Il est hors de question que le gouvernement se mêle d’une procédure judiciaire ».

« La justice n’est pas une succursale du gouvernement. Nous sommes dans un système de séparation des pouvoirs. Nous avons entendu ces déclarations qui tentent de mettre en cause le gouvernement. Si nous voulons construire un Etat de droit, il faudrait poser les bases. Et les bases voudraient que les membres du gouvernement ne se mêlent pas d’un dossier judiciaire. S’il y a des choses qui concernent le gouvernement, il prendra ses responsabilités », a déclaré Yacoubou Hamadou mercredi soir sur le plateau de la Télévision nationale (TVT).

« Depuis le déclenchement de ces avalanches d’accusations, le gouvernement a gardé un calme. Les gens assimilent à tort, peut-être à un aveu de culpabilité; mais tel n’est pas le cas. C’est parce que nous sommes respectueux des principes. Les gens croient que le Togo doit continuer par naviguer à vue. Ce n’est pas parce que les choses se sont mal passées hier, qu’il faudrait faire en sorte que ça continue par mal se passer », a poursuivi le ministre.

« Nous devons apprendre aussi à nous inscrire dans le processus de démocratisation de notre pays. Dans ce processus, chaque personne qui allègue un fait, en apporte la preuve. Aujourd’hui, nous avons une procédure judiciaire en cours et les allégations de part et d’autre ne devraient pas être des accusations vis-à-vis du gouvernement. Mais si les gens constatent qu’il y a des manquements, c’est à eux d’apporter la preuve », a souligné Yacoubou Hamadou.

Il a invité les togolais à « encourager la justice à faire son travail en toute sérénité et en toute impartialité »: « Si la justice a besoin de moyens, le gouvernement a l’obligation de mettre à sa disposition, ces moyens. Si on constate des cas de violations des droits de l’Homme, le gouvernement a l’obligation de prendre des dispositions pour arrêter ou pour corriger cet état de chose ».

« Mais le gouvernement ne devrait pas se mêler d’un dossier judiciaire qui de surcroît, est un dossier d’instruction. Le secret de l’instruction doit être respecté. Le gouvernement doit s’abstenir de s’immiscer dans les affaires judiciaires. C’est ça aussi, la construction d’un Etat de droit », a-t-il martelé.

Rappelons que le gouvernement avait qualifié « d’actes criminels » les incendies des marchés et mis en place une commission d’enquête dirigée par le Procureur de la république Essolissam Poyodi. L’opposition notamment le Collectif « Sauvons le Togo » et la Coalition « Arc-en-ciel » réclament une « commission d’enquête internationale ». FIN

Junior AUREL

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