Un tribunal iranien a condamné la lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, à six ans de prison, a indiqué son avocat à l’AFP dimanche.
« Elle a été condamnée à six ans de prison pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », a déclaré son avocat, Mostafa Nili, ajoutant qu’elle avait également écopé d’une interdiction de quitter le pays pendant deux ans.
La militante des droits humains, détenue depuis décembre, a été condamnée dans une autre affaire à un an et demi de prison pour « activités de propagande » et à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, dans la province orientale du Khorassan du Sud, a précisé l’avocat.
Selon la loi iranienne, les peines de prison sont non cumulables.
La militante des droits humains, qui a récemment entamé une grève de la faim en réclamant le droit de téléphoner, est à l’isolement dans sa prison de Mashhad, dans l’est de l’Iran, où elle avait été arrêtée le 12 décembre avec d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort.
« Torture«
Elle a été arrêtée avant le déclenchement du mouvement de contestation réprimé dans le sang par les autorités. Ses soutiens affirment que l’interdiction de passer des appels est une tentative de réduire au silence la militante, de crainte qu’elle ne s’exprime sur le mouvement de contestation.
L’ONG Amnesty International avait accusé les forces de sécurité d’avoir commis des actes de « torture et autres mauvais traitements » lors de son arrestation, notamment en la « passant violemment à tabac ».
Mi-décembre, sa famille avait indiqué qu’elle était « souffrante » et que les autorités lui refusaient un examen médical indépendant après son arrestation « violent ».
La militante avait également été arrêtée en novembre 2021 et emprisonnée jusqu’à sa remise en liberté provisoire pour des problèmes pulmonaires fin 2024. Elle a passé de nombreuses années derrière les barreaux mais n’a jamais cessé de militer pour les droits humains et la défense des prisonniers politiques, lui valant le Nobel de la paix.
Ses deux enfants, qui vivent à Paris avec son mari, ont reçu le prix en son nom à Oslo en 2023. Elle ne les a pas vus depuis plus de dix ans.
Source : Afp



