Transformer les Maladies Tropicales Négligées (MTN) en une priorité absolue de santé publique sur le continent : c’est l’objectif central du forum de deux jours, ouvert le jeudi 29 janvier 2026 à Cotonou (Bénin).
À l’initiative du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), 70 journalistes venus de 35 pays se sont réunis pour redéfinir le rôle des médias dans l’élimination de ces pathologies qui frappent encore 40% de la population africaine.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Maladies Tropicales Négligées constituent un groupe diversifié de 20 affections qui sévissent principalement dans les zones tropicales, où elles touchent plus d’un milliard de personnes dans les communautés les plus pauvres. Elles sont dues à divers agents pathogènes (virus, bactéries, parasites, champignons et toxines). Ces maladies ont des conséquences sanitaires, sociales et économiques désastreuses pour plus d’un milliard de personnes.
Un défi de justice sociale et de dignité
Soutenue par l’ONG Speak Up Africa et d’autres partenaires, cette rencontre hybride se tient dans un contexte où les MTN sont perçues non plus seulement comme des pathologies médicales, mais comme des marqueurs d’inégalités.
« Parler des MTN, c’est parler d’équité, de dignité et de justice sociale », a déclaré Dr Kouamé Konan (Représentant résident de l’OMS au Bénin).
Pour lui, ces maladies « ne sont pas une fatalité », mais elles persistent là où les inégalités structurelles (accès à l’eau, assainissement, éducation) freinent le développement.
Dans son discours d’ouverture, Mme Assavedo a souligné que l’investissement dans la lutte contre les MTN est « un investissement stratégique dans le capital humain et la productivité ».
Elle a appelé à la création de « nouveaux narratifs » mettant en lumière le leadership africain et les innovations locales.
Le rôle crucial des médias : « Maintenir l’agenda politique »
Le forum insiste sur le fait que le journaliste n’est pas un simple témoin, mais un acteur de santé publique capable de renforcer la redevabilité des États.
« Les médias ont le pouvoir de maintenir les MTN à l’agenda politique et d’humaniser les données à travers des récits puissants », a expliqué Dr Konan, soulignant que plus de 22 pays ont déjà éliminé au moins une MTN.
Le défi est de taille : depuis 2025, une baisse des financements internationaux menace de fragiliser les acquis. Le plaidoyer du REMAPSEN vise donc à inciter les gouvernements à mobiliser leurs propres ressources et à créer des lignes budgétaires spécifiques.
Le Togo en modèle, le Bénin en exemple
L’espoir demeure réel grâce au leadership régional. Le Togo a été cité en exemple comme « champion du monde », étant le premier pays à avoir éliminé quatre MTN (ver de Guinée, filariose lymphatique, maladie du sommeil et trachome). Le Bénin, pays hôte, suit de près avec trois maladies déjà éliminées.
L’élimination d’une MTN signifie que la maladie ne constitue plus un problème de santé publique. La maladie n’a pas complètement disparu et on pourrait encore trouver quelques cas, mais ces cas sont de plus en plus rares.
Notons que la première journée a été marquée par trois grands panels de discussions ayant abordé la question des MTN sous divers aspects. La dernière journée sera marquée par une visite au Centre de dépistage et de traitement de la Lèpre et de l’Ulcère de Buruli situé à Pobè (localité située à environ 98 km au nord-est de Cotonou).
Les travaux de ce forum prendront fin par la remise des Awards du Remapsen, parrainé par Dr Michel Sidibé (Envoyé spécial de l’Union africaine pour l’agence africaine du médicament).
Précisons que REMAPSEN Togo est représenté à cette rencontre de Cotonou par une délégation de trois journalistes. FIN
De Cotonou, Ambroisine MEMEDE


