À Sarakawa dans la préfecture de la Kozah (plus de 440 km au nord de Lomé), la terre conserve dans ses profondeurs silencieuses, la mémoire des ruptures fondatrices et des serments irrévocables.
C’est en ce lieu, à la densité historique que le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a déposé ce vendredi 24 janvier 2026, jour anniversaire de l’attentat de Sarakawa, une gerbe au mausolée de la localité, s’inclinant solennellement devant les âmes des illustres disparus lors du drame du 24 janvier 1974.
La cérémonie, présidée par le Président du Conseil en présence de hautes autorités administratives, politiques et militaires, a permis de replonger l’assistance dans la gravité de l’événement.
En effet, cinquante-deux années se sont écoulées depuis que le ciel togolais fut lacéré par l’un des épisodes les plus sombres, mais aussi les plus déterminants, de l’histoire contemporaine du pays.
Ce 24 janvier 1974, l’aéronef transportant le président Gnassingbé Eyadéma s’écrasait à Sarakawa, dans un attentat criminel soigneusement ourdi. Si le Père de la Nation sortit miraculeusement indemne de l’accident avec quelques blessures, plusieurs de ses collaborateurs et compatriotes y laissèrent la vie, scellant par leur sacrifice une page tragique et fondatrice de la mémoire nationale.
La commémoration de Sarakawa constitue un acte de fidélité à la mémoire collective et une réaffirmation solennelle de la trajectoire choisie par le peuple togolais. Sur les lieux de la cérémonie, l’assistance a réécouté à l’occasion le discours historique retraçant le déroulement de l’attentat, tel que relaté par feu le général Améyi.
Dans ce récit, chaque mot résonne comme une balise mémorielle, rappelant que la survie de la Nation fut le fruit d’une convergence notamment la foi, la lucidité stratégique et l’attachement du peuple togolais à sa souveraineté.
« Un coup isolé n’arrête pas le combat »
Mais c’est surtout la voix du Père de la Nation, resurgissant du passé, qui a de nouveau saisi les consciences. Sa phrase devenue culte « Un coup isolé n’arrête pas le combat » continue de traverser les générations comme un viatique politique et moral. Elle résume à elle seule l’esprit de Sarakawa, la résilience face à l’adversité, la constance dans la lutte.
Dans son discours de circonstance, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Hodabalo Awaté, a rappelé la portée structurante de cette date dans l’édification du Togo moderne.
Sarakawa, a-t-il souligné, a ouvert la voie à des choix courageux, notamment la nationalisation des ressources stratégiques, permettant à l’État togolais de reprendre en main son destin économique et de poser les jalons de grandes réalisations structurantes sur l’ensemble du territoire national. Ce moment de rupture a ainsi transformé une tentative de chaos en acte fondateur de renaissance. Au-delà de la mémoire, Sarakawa s’inscrit aujourd’hui dans une continuité politique assumée.
La commémoration du 24 janvier s’impose ainsi comme un triple impératif, devoir de mémoire envers les disparus, devoir de vigilance face aux menaces contemporaines, et devoir de fidélité à une vision d’indépendance économique et de dignité nationale. Sarakawa rappelle que la bravoure d’un peuple et la clarté d’un leadership peuvent transformer l’épreuve en opportunité historique.
Présidence du Conseil/Savoir News



