Canton de Bohou : Le Kamou d’Adjamada, un puissant levier de cohésion sociale entre tradition et modernité

Le vendredi 2 janvier 2026, la localité d’Adjamada, dans le canton de Bohou (environ 420 km au nord de Lomé), a servi de cadre à une célébration culturelle d’envergure. Alliant la danse traditionnelle Kamou à un concert géant, l’événement a réuni autorités locales, chefs coutumiers et une jeunesse mobilisée autour du thème de la cohésion sociale.

Fidèles à leurs racines, les natifs du canton de Bohou se sont rassemblés pour honorer le Kamou, la danse traditionnelle emblématique du milieu kabyè.

Pour le Dr Magnangou Essonam, président du comité d’organisation et enseignant-chercheur, cette célébration est avant tout un hommage aux ancêtres qui ont su perpétuer cette valeur.

« Aujourd’hui, quand nous parlons de Kamou, tout le monde donne la référence à Adjamada », a-t-il déclaré avec fierté.

Cette dimension identitaire est partagée par les participants de tous âges. Arthur Badabo, jeune danseur présent sur les lieux, exprime son attachement à ce patrimoine : « Je suis fier de participer à cette danse Kamou, qui est la danse traditionnelle du kabyè ».

Placée sous le thème « Le rôle de la jeunesse dans l’enracinement de la cohésion sociale », cette édition 2026 vise à renforcer les liens entre les fils et filles de la région.

Le chef du village de Bohou-Biyadè, Poutouli Pidaladan, a insisté sur le caractère inclusif de l’événement : « Kamou c’est une danse de tout le monde, sans exception. Que tu sois de Lama, Yadè ou Bohou, nous sommes des cohabitant invités à danser ensemble ». 

Dr Magnangou a renchéri en soulignant que la cohésion sociale est le socle indispensable au développement. Il a invité chacun à cultiver le pardon et le vivre-ensemble pour repartir sur de bonnes bases.

L’innovation majeure de cette année a été le jumelage réussi entre les rythmes ancestraux et les sonorités modernes. Après les pas cadencés du Kamou, l’esplanade du cour primaire publique a vibré au son d’un concert géant animé par des artistes locaux. Cette transition vers le modernisme est, selon les organisateurs, une nécessité pour s’adapter aux réalités actuelles tout en préservant l’identité culturelle.

L’événement a également été marqué par la présence d’autorités de premier plan, notamment le maire de la commune Kozah 2, M. Batchassi Essonana, témoignant de l’importance de ce rendez-vous dans l’agenda culturel communal.

Derrière les festivités, les préoccupations liées au développement du milieu restent prioritaires.

Le conseiller municipal Dr Magnangou a lancé un appel pour le désenclavement de la localité par l’amélioration des infrastructures, le renforcement de l’accès à l’eau potable et la création d’un centre médical pour répondre aux besoins de santé de la population. FIN

Savoir News/Kara